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 Ecole à la maison : l’Histoire ne repasse jamais les plats, Monsieur Blanquer, si.

« Ecole à la maison » : l’Histoire ne repasse jamais les plats. Monsieur Blanquer, si.
Communiqué de presse

Si les services en ligne (« Ma classe à la maison », ENT, messagerie électronique de l’académie de Créteil) avaient fonctionné, les écoliers auraient pu réviser une bonne leçon d’Histoire : c’est qu’il y a une tradition bien française chez nos élites dans la répétition obstinée d’erreurs. Aveuglement ? Arrogance ? Incompétence ? Une chose est sûre : Blanquer et Macron ont repris le flambeau.

On peine à croire que l’état-major des armées françaises se soit fait surprendre avec la même tactique lors des 2 guerres mondiales (« l’ennemi arrivera par l’est et il ne passera pas ») ; mais on peine au moins tout autant à croire qu’à 1 an d’intervalle le duo Macron et Blanquer nous joue le même sketch du « nous sommes prêts ». Car cette fois il n’y a pas d’ennemi, pas d’adversaire : nos chefs ont préparé tout seuls un phénoménal plantage, et pour « assurer » trois petits jours de classe seulement. Le panache à la française, sans doute ?
Car encore une fois rien n’était prêt, à part la com’ et les éléments de langage. On imagine ce qu’auraient pu planifier en une année tous ces cabinets ministériels, ces conseillers et hauts fonctionnaires ; il n’en a pourtant rien été.
Après les annonces présidentielles du mercredi soir, les personnels de l’Education Nationale ont eu droit à des réunions sans cadrage. Les collègues ont ainsi quitté leurs établissements vendredi soir sans savoir quels étaient les enfants prioritaires pour un accueil, et en ignorant si cet accueil se faisait au volontariat ou par obligation. Certains inspecteurs parlaient même d’indemniser les personnels chargés de faire l’accueil, selon des modalités inconnues...C’est seulement durant le week-end que le volontariat a semblé s’imposer, parfois avec des versions loufoques (en guise d’indemnité, une dérogation pour s’affranchir des limites de déplacement et partir durant le week-end suivant par exemple !). Les directrices et les directeurs, les chefs d’établissement étaient sans consigne fiable : comment informer dans ces conditions les personnels mais aussi les familles ? Comme d’habitude, les Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap (AESH) étaient ignorés par les consignes officielles : plusieurs ont reçu l’ordre de rejoindre un établissement, y compris pour suivre d’autres élèves qu’habituellement, alors que le principe du volontariat semblait acquis pour les autres personnels. Encore ce jour (mardi) certains AESH ne savaient pas clairement quelles étaient leurs obligations. L’accueil des enfants prioritaires est tout à fait légitime, et à ce titre il méritait autre chose que le bricolage qui nous est infligé.
Même constat d’échec pour « l’école à la maison » : 1 an après le fiasco du printemps 2020, les leçons n’ont pas été tirées par notre gouvernement : équipement des personnels et des élèves, services en ligne suffisamment dimensionnés, tout cela manquait et les personnels ont été laissés seuls avec leur conscience professionnelle. Ceux qui avaient pu distribuer du travail aux élèves en fin de semaine dernière ont permis aux familles de commencer sereinement le travail à la maison, ceux qui comptaient sur les plates-formes en ligne...en ont été pour leurs frais, comme l’an dernier. Et encore une fois, cette débauche d’efforts demandés aux personnels pour répondre aux annonces présidentielles ne concerne que 3 ou 4 jours d’enseignement.
La CGT Educ’Action77 s’inquiète de la reprise après les vacances de printemps si ce niveau de désorganisation demeure. Jean-Michel Blanquer, totalement décrédibilisé désormais, peut-il encore en être l’artisan ?